Baby blues et dépression post-partum

Aujourd’hui, je souhaite parler du baby blues et de la dépression post partum. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de confusions. Selon moi, il est important que les futures mères sachent faire la distinction entre un baby blues et une dépression post partum même si le terme peut paraître terrifiant.

Le baby Blues est un période transitoire assez fréquente marquée par des troubles de l’humeur et une émotion intense (dysphorie, excitation, tristesse, déprime). La jeune mère pleure sans véritablement savoir pour quelle raison et reste en même temps heureuse. Elle oscille entre joie et tristesse intenses. Cet état second, parfois nécessaire, reste une étape transitoire et n’excède pas les 10 ou GRAND MAXIMUM 15 jours. Au-delà, il ne s’agit plus d’un simple baby blues… Soyons clairs ! Je rencontre bon nombre de mères à la maternité qui sont confrontées à cet état transitoire. Généralement, le baby blues survient à j+3. Les raisons de cet état sont nombreuses. On peut toutefois retenir qu’il est un résultat physique (chute hormonale, fatigue) et psychique (perméabilité qui favorise les interactions mère-bébé nécessaires). En effet, pour accueillir l’enfant, la jeune mère doit procéder à un réaménagement psychique et ce travail peut réveiller quelques conflits antérieurs.
Bien que cet état soit « mineur », il ne faut pas pour autant le banaliser. Il faut au contraire, inciter la mère à verbaliser ses difficultés. Une manière de prévenir la dépression post-partum.

La dépression post-partum est plus impactante de par l’intensité des troubles de l’humeur et également de par sa durée : de plusieurs semaines à plusieurs mois. Une dépression post-partum repérée à temps est très bien traitée. En parler constitue un premier pas vers le « mieux-être ».
Dans le DSM-IV, la dépression post-partum est définie comme un épisode dépressif majeur durant plus de deux semaines (Guelfi, 1996).
La dépression post-partum se distingue du baby blues dans ses manifestations psychiques : la mère éprouve un certain détachement vis-à-vis du nourrisson et n’éprouve pas ou peu de plaisir à s’en occuper. Elle souffre de solitude, de culpabilité et de fatigue disproportionnée par rapport à la réalité. Elle supporte difficilement les pleurs de son enfant et n’apprécie pas de se retrouver seule avec lui. Elle a également le sentiment d’être une mauvaise mère…
En d’autres termes, elle souffre… L’entourage ne comprend pas toujours ce que ces mères peuvent vivre, ce qui peut intensifier les troubles. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Dire « oh mais ce n’est rien, regarde comme il est beau ton bébé, en plus il est en bonne santé, tu n’as aucune raison d’être dans cet état », CE N EST PAS CE QUI EST RECOMMANDE. Je conseille au contraire, d’aider la mère à « valider » ce qu’elle ressent, en l’écoutant et en faisant preuve d’empathie. Cela ne veut pas dire, qu’il faut encourager les troubles, mais davantage les « accueillir ».
On connait désormais les facteurs psychosociaux des risques de dépression post-partum (cf : Soigner, prendre soin en périnatalité, sous la direction de Michel Dugnat)
– Troubles dépressifs ou anxieux pendant la grossesse
– Manque de soutien social
– Survenue d’événements de vie stressants pendant la grossesse
– Antécédents personnels ou familiaux de troubles de régulation de l’humeur
D’autres facteurs, de moindre importance, ont également été identifié :
– Mauvais soutien conjugal
– Evènements obstétricaux stressants
– Faible statut socio-économique
– Tempérament difficile de l’enfant
– Style cognitif « attributionnel négatif » = « tendance d’un personne à donner le même type d’explications négatives aux différents événements auxquels elle est confrontée. C’est une manière déformée de traitement de l’information et des événements qui reflète une vue négative de soi, de son environnement et de son avenir » (Cf . Guide pour la pratique de l’entretien prénatal précoce, Par Michel Dugnat, Nine GLANGEAUD-FREUDENTHAL et Catherine ISSERLIS)

Plutôt que de parler de post-partum (faut dire que le terme fait peur !!!), d’autres préfèrent parler de « difficultés maternelles », c’est notamment le parti pris de l’association Maman blues. J’avoue que j’ai moi aussi une préférence pour ce terme là. Il reste plus « générique », et moins stigmatisant. Une manière de favoriser un processus « déculpabilisant »…
Il existe de nombreux blogs qui parlent de difficultés maternelles. Ils peuvent constituer une première alternative, une manière de se dire qu’on n’est pas si seule et que d’autres ont vécu ce genre de situation.

Je recommande en revanche d’en parler à un professionnel de la périnatalité si les troubles persistent !

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