Dis camion !!

Lorsque j’étais enceinte, j’ai fais l’expérience étrange d’être comme dépossédée de mon corps.

Je m’explique!

Mesdames, si vous n’avez pas encore fait l’expérience de la grossesse, sachez que lorsque ce sera le cas, votre corps ne vous appartiendra plus totalement…

Tout d’abord, la grossesse impacte beaucoup la sensorialité. Certaines odeurs deviennent insupportables et certains aliments n’ont plus la même saveur. La poitrine devient douloureuse et en ce qui me concerne, les nausées diurnes ne m’ont pas lâché pendant 3 mois. Toutes ces nouvelles et délicieuses expériences sensorielles, vous éloignent un peu plus de ce corps avec lequel vous aviez l’habitude de composer depuis votre naissance adolescence. Oui parce que finalement, il y a eu la crise de l’adolescence au niveau du vécu corporel et maintenant il y a la crise de la grossesse. Désormais, votre corps a entamé sa nouvelle course folle vers la transformation, et cette transformation ne se fait pas sans bruit…

Par ailleurs, les nombreuses visites chez la gynéco ôtent chaque fois un peu plus de votre pudeur originelle. Le corps devient le siège d’un spectacle extraordinaire que le professionnel de son œil d’expert cherche à observer sous toutes les coutures. On y invite même le futur papa à y assister, afin que lui aussi puisse « profiter » du spectacle. A ce sujet, votre cher et tendre, n’avait jusqu’alors jamais mis un pied dans le cabinet d’un gynécologue et pensait que le frottis était une maladie grave dont il fallait se prémunir… Désormais le voilà, présent, debout, face à vous, mais scrutant l’écran qui révèle une image, celle d’une forme informe que l’expert permet de « décoder » et qu’il assure être l’ébauche d’un fœtus!!

Et le pompom revient à l’entourage!! Quand la nouvelle se répand, attendez vous à vous faire tripoter le corps, du moins le ventre, de façon inopinée. En ce qui me concerne, je trouvais ça assez dérangeant,  de sentir, sans avoir été prévenue, une main se poser sur cette partie là de mon corps. J’avoue d’ailleurs, avoir eu envie à plusieurs reprises, de rendre la monnaie à mon inquisiteur en posant ma main sur son ventre et en claironnant : « Oh que c’est mignon ». Mais je n’ai jamais osé…

Le plus fou c’est de se dire qu’une chose grandit en nous, sans qu’on n’y fasse grand chose… Sans même qu’on ne cherche à y apporter une quelconque contribution!
Comment donc? Nous n’avons pas de contrôle sur ce qui s’y passe? Et bien, non!! C’est catégorique, la vie fait son oeuvre et nous voilà en marge de ce projet gestationnel. Désormais quoique nous fassions, on ne sait pas si cela aura un impact positif ou négatif sur le développement de cette chose que l’expert nomme en premier lieu « fœtus », et qui plus tard deviendra « bébé ».

Pour ma part, n’aimant pas beaucoup perdre le contrôle, j’ai alors pris une décision… JE NE CHANGERAI RIEN, ABSOLUMENT RIEN, A MA VIE. Puisque je n’avais aucun contrôle sur le sort du « fœtus », j’ai décidé de garder le contrôle (illusoire) de ma vie. J’ai donc pris le parti de ne pas lever le pied les trois premiers mois. Certains crieront au scandale! Moi j’y vois, une façon de dire : « je fais confiance à mon corps! » Concernant le risque de fausse couche annoncée au premier trimestre, je me suis dis la chose suivante : Si je fais une fausse couche, ce ne sera pas parce que j’en ai « trop » fait mais davantage parce que mon corps a décidé qu’il ne pouvait pas autorisé le fœtus à évoluer, probablement en raison d’une anomalie chromosomique.
Pour cette raison, je n’ai pas arrêté de courir. L’idée de devoir arrêter le footing, sur les bons conseils de ma gynécologue, me rendait folle. Et j’ai eu l’impression que si j’y cédais, je basculais du côté obscur : celui de la crainte, de la peur et de l’angoisse… Continuer le footing a été ma seule parade à ce sentiment étrange de perdre le contrôle de mon corps… Une fois le cap des trois mois passé, j’ai ressenti une satisfaction immense de me dire que j’avais eu raison de me faire confiance et je pense que c’est précisément cela qui m’a aidé semaine après semaine à investir ma grossesse comme quelque chose de merveilleux, pour lequel je me suis laissée porter car je savais, dans le fond, que je ne pouvais pas contrôler grand chose….
Finalement, la grossesse m’a apporté en sérénité. Pour la première fois de ma vie, j’ai accepté de lâcher prise !

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